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Le colloque DYNAGRO vise à renforcer les liens entre recherche et action, à favoriser la capitalisation des expériences territoriales et à encourager la co-production de connaissances pour la gouvernance et soutenabilité socio-environnementale des systèmes agro-sylvo-pastoraux en zones sèches.

A portée internationale, il est ouvert aux recherches portant sur toutes les zones sèches du monde (arides, semi-arides, sub-humides sèches), tout en souhaitant une forte représentation du Sahel. Il est aussi ouvert aux zones humides dans une session spécifique. Il privilégie des présentations à plusieurs voix, celles de la recherche, du développement et de la formation, de différents secteurs économiques et différentes cultures. Il privilégie les approches inter- et trans- disciplinaires et leur mise en œuvre opérationnelle et conjointe notamment sur le terrain. Les approches participatives sont particulièrement bienvenues. DYNAGRO attend des présentations pointant le statut et les rôles différenciés des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés dans l’accès et la gestion des ressources productives (terre, eau, crédit, matériel, savoir), la transmission intergénérationnelle des savoirs, les techniques de production et de transformation familiales ou industrielles, l’innovation sociale et entrepreneuriale. Enfin, DYNAGRO est ouvert aux approches mobilisant l’IA selon l’ambition d’un plus large et rapide partage des connaissances au travers de modèles hybrides intégrant connaissances académiques et savoirs locaux ou au travers de plateformes participatives pour une prise de décision partagée avec les communautés. Il est également ouvert aux communications pointant le rôle du partage des données et des dispositifs d’observation, de la collaboration entre modèles et observations pour évaluer, suivre et simuler les synergies et compromis, et leurs effets sur les territoires.

 

THEMES DE COMMUNICATIONS

Thème 1. Nouvelles formes d'articulation entre cultures et élevages

En zones sèches et au Sahel en particulier, les espaces ruraux sont multifonctionnels. Historiquement, la saisonnalité climatique a conduit à une répartition spatio-temporelle des cultures et de l’élevage pastoral et a organisé la gestion des ressources végétales et hydriques au travers d’alliances entre acteurs et de symbioses entre processus à différentes échelles. La variabilité et le changement climatiques modifient les interactions historiquement établies entre les activités de culture et d’élevage, en particulier à l’occasion d’évènements climatiques extrêmes comme les sècheresses sahéliennes des années 1970-1980. La croissance démographique et celle du cheptel modifient aussi progressivement ces interactions cultures-élevage. En effet, l’emprise foncière des cultures augmente y compris dans des zones à vocation pastorale, au détriment des terres de parcours qui perdent en superficie, se fragmentent et sont reléguées aux terres les moins productives. La réduction de l’espace et de l’accès aux ressources pastorales affecte l’élevage naisseur transhumant ou nomade. Il entraine la sédentarisation de pasteurs dans des zones à vocation agricole et les conduit à développer une multi activité centrée sur l’association culture-élevage. Dans les terroirs agricoles, la raréfaction des terres cultivées et leur morcellement favorise leur marchandisation qui localement accompagne l’expansion de cultures de rentes. En même temps l’élevage sédentaire destiné au bât et à l’embouche se développe et renforce la pression sur les ressources pastorales. Ces dynamiques tendent à plus de concurrences et de conflits entre acteurs, exacerbés par les dysfonctionnements des échanges transfrontaliers, les variations des politiques publiques et l’insécurité civile. 

Les travaux attendus décriront les trajectoires des systèmes de cultures-élevage et leurs situations de rupture éventuelles. Un accent particulier sera mis sur les nouvelles formes de recompositions, d’arrangements et d’options technologiques, mais aussi de nouvelles alliances et partenariats entre acteurs, des activités cultures et élevages (naisseurs, laitiers, embouche) observés dans les territoires aux échelles locales, régionales ou transfrontalières. Ils s’intéresseront aux mécanismes biophysiques à l’échelle de la plante, de la parcelle, de l’animal, du troupeau, du paysage, de territoires plus ou moins vastes, ainsi qu’aux institutions et dynamiques sociales. Ils documenteront leur genèse et leurs effets sur les territoires du point de vue social, agronomique et environnemental. Ils analyseront le rôle des politiques publiques dans l’émergence de ces nouvelles formes d’articulation entre cultures et élevages, pour leur diffusion et mise à l’échelle, pour leur maintien à long terme. Ils analyseront les systèmes de gouvernance qui accompagnent leur émergence et diffusion. Ils évalueront ainsi leur contribution à la soutenabilité des activités agro-sylvo-pastorales.

 

Thème 2. Performances multidimensionnelles et robustesse des système de production agro-sylvo-pastoraux 

En zones sèches, améliorer la performance des systèmes de production à nourrir la population, à alimenter les marchés régionaux voire internationaux et à sortir de la pauvreté les familles rurales tout en préservant les fonctions de l’écosystème dont ils ont besoin pour produire, a toujours été un enjeu social et environnemental. Il est accentué par les pressions démographiques, climatiques et géopolitiques. La robustesse des systèmes de production, c’est-à-dire le fait qu’ils puissent avoir la capacité de maintenir leur performance malgré des perturbations ou variations de conditions sociales et environnementales, ajoute une dimension temporelle au problème et questionne directement la résilience des systèmes de production face aux aléas. Le développement de recompositions, arrangements et options technologiques, comme d’alliances et partenariats sociaux, sont des réponses apportées par les producteurs et acteurs du territoire, hommes, femmes, ou jeunes. 

Les travaux décriront leur différentes formes, performances et robustesse agronomique, économique, sociale ou environnementale. Ils pointeront les échecs comme les succès mais dans tous les cas, ils devront en expliquer les raisons et tenter d’en tirer des leçons. Ils préciseront leur genèse et conditions de mises en œuvre. Ils analyseront leur contribution à la justice et équité sociale, au partage de risques, à l’amélioration de la qualité nutritionnelle des produits, ou à la santé humaine, animale et des écosystèmes. L’analyse des risques de certaines spéculations à l’image de l’élevage d’embouche dont la viabilité dépend de la mise sur le marché à faible coût de jeunes animaux par l’élevage pastoral naisseur sera bienvenue. De même, le recours à de nouveaux intrants (engrais, pesticides, aliments du bétail, ou semences notamment) sera évalué pour leur coût, accessibilité et efficience.

 

Thème 3. Complémentarités et interdépendances entre ville et campagne

La croissance démographique au Sahel et l’urbanisation des campagnes dans les régions arides et semi-arides posent des défis majeurs de gestion durable des terres, d’équilibre territorial et de résilience face au changement climatique, en même temps qu’elles offrent des opportunités, par exemple pour les marchés des produits forestiers, de culture et d’élevage. Cette dynamique génère des flux entre les territoires urbains, péri-urbains et ruraux plus ou moins densément habités qui reposent sur des échanges mutuels de ressources, de main-d'œuvre et de services. Lorsque la dynamique des villes ne pénalise pas la dynamique des campagnes, lorsque les relations ville-campagne sont en complémentarité et pas en concurrence, elles peuvent être un levier stratégique essentiel à la résilience et soutenabilité des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux.

Les travaux auront une dimension régionale structurée par les relations villes-campagnes. Ils mettront en lumière les interactions existantes entre territoires urbains, péri-urbains et ruraux, les interdépendances qu’elle génèrent et celles qui peuvent les fragiliser ou les consolider. Ils analyseront comment ces interactions se traduisent en termes de sécurité, d’équité et de santé. Ils pointeront en particulier les innovations techniques et sociales initiatrices ou amplificatrices de complémentarités. Ils s’intéresseront aussi bien à la mobilité de la main-d’œuvre, au recyclage et à la valorisation des matières, qu’à l’organisation des filières et des chaînes de valeur dont ils analyseront les effets sur les systèmes de production agro-sylvo-pastoraux, et sur les autres flux et complémentarités ville-campagne.

 

Thème 4. Nexus eau-énergie-agriculture

Dans les régions sèches et au Sahel en particulier, les besoins croissants en production agricole et en énergie reposent sur des réserves limitées en eau douce (pluviale, de surface ou souterraine) et en masse végétale (herbacées spontanées et cultivées, ligneuses ; aérienne et souterraine) fournies par l’écosystème. Même si certaines activités comme le transport sont de plus en plus dépendantes de ressources énergétiques importées et échappent ainsi à cette dépendance locale. L'accès aux ressources en eau et aux ressources végétales, ainsi que les pressions sociétales sur la qualité ou la diversité de celles-ci sont des enjeux majeurs de sécurité alimentaire et énergétique pour les familles rurales et urbaines. Il convient d’analyser la gestion durable des terres agricoles et des ressources en eau. L'approche nexus eau-énergie-agriculture propose une analyse englobante des problématiques liées aux interdépendances entre les trois domaines : agricole, énergétique et hydrique, avec l’examen de l’usage des ressources et des usagers associés. Elle mettra en évidence les mécanismes synergiques ou antagonistes entre ces trois domaines, les tensions ou conflits entre acteurs qu’ils génèrent, et les compromis qui se construisent pour internaliser la gestion des impacts sociaux et environnementaux et accompagner la mise en œuvre de stratégies intersectorielles durables.

Les travaux seront dédiés à l'étude du nexus dans les zones sèches et au Sahel en particulier, dans une optique de résilience des systèmes agro-sylvo-pastoraux et de sécurité foncière, alimentaire, hydrique et énergétique des territoires. Les travaux attendus s'intéresseront aux interactions entre les ressources (eau, énergie, végétal), les usages (alimentaire, commercial, domestique, de transport, de transformation) et les usagers. Ils porteront aussi sur la diversité des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et pourront provenir de l'ensemble des champs disciplinaires concernés par le nexus. L’estimation des limites du système dans un contexte de technologies émergentes (e.g. solaire et photovoltaïque), dans des optiques d’augmentation des usages ou de contraintes émergentes (changements climatiques perçus ou projetés) sera appréciée ainsi que les approches critiques de ces méthodes quantitatives.

 

Thème 5. Echanges zones sèches - zones humides

Le fonctionnement et les dynamiques des systèmes agro-sylvo-pastoraux ne s’arrêtent pas aux frontières des régions arides, semi-arides, sub-humides sèches. Les cours d’eau qui sillonnent les zones sèches et les zones humides prennent le plus souvent leur source en zones humides. Leurs régimes hydriques sont liés aux pluviosités qui prévalent sur le bassin versant amont en zone humide, et sur celles des zones sèches aval, modifiées par les aménagements hydrauliques (barrages, creusements du lit) et leur gestion. Les régimes hydriques qui en résulte conditionnent les systèmes de cultures et d’élevage : inondations temporaires ou permanentes, disponibilité de fourrages verts en saison sèche, possibilité d’irriguer les cultures, apports de limons et sables alluviaux, etc. Inversement les pollutions issues des usages agricoles et urbains influencent la qualité de l’eau, superficielle voire profonde selon le mode d’alimentation des nappes phréatiques. Ces diverses mécanismes et connexions entre les zones sèches et les zones humides des cours d’eau influent sur le fonctionnement et les dynamiques des systèmes de production agricoles. Par ailleurs, les systèmes agro-sylvo-pastoraux entretiennent des relations commerciales avec des zones humides locales et des régions plus humides pour écouler leurs produits agricoles transformés ou non et pour s’approvisionner de marchandises en tout genre. Ils emploient temporairement ou de manière permanente des personnes venues des régions humides. Inversement, les familles rurales en zones sèches envoient certains de leurs membres mener des activités saisonnières ou permanentes en zones humides. Les troupeaux des éleveurs en zones sèches transhument vers les régions humides, et inversement. L’ensemble de ces relations entre les zones sèches et les zones humides peuvent être inter- ou intra- nationales.

Les travaux attendus pointeront ces relations entre zones sèches et humides. Ils analyseront en particulier leurs rôles dans les systèmes alimentaire, sanitaire, et énergétique, à différentes échelles. Ils décriront le niveau d’interdépendance entre les territoires en zones sèches et en zones humides, les mécanismes synergiques ou antagonistes, les tensions, conflits ou compromis entre acteurs. Ils analyseront les effets du contexte géopolitique sur les relations entre zones sèches et zones humides.

Ce thème est également ouvert aux travaux qui traitent de l’un des 4 autres thèmes du colloque spécifiquement en zone humide. Dans ce cas, il s’agira de faire ressortir les différences ou similitudes avec les zones sèches, de valoriser les échanges d’expérience et de stimuler des collaborations à venir.

 

MODALITES DE COMMUNICATION

Nous vous invitons à indiquer de quel thème principal relève votre communication.

Sur la base d’un résumé long (2 pages) envoyé par les communicants candidats, le comité scientifique reviendra vers les auteurs dont la proposition est retenue pour leur proposer une communication orale format long (20 mn), une communication orale format court (10 mn) ou un poster. Les candidats peuvent également proposer directement un poster s’ils le souhaitent. Les deux langues française et anglaise sont autorisées.

A la fin de chaque session thématique, chaque participant, communiquant ou auteur libre, sera invité à indiquer les 3 communications les plus intéressantes selon son point de vue. Les modalités d’un vote anonyme lui seront communiquées en temps voulu. Ces avis aideront les membres du comité scientifique à sélectionner les communications pour lesquelles les auteurs seront invités à rédiger un article long pour contribuer à un numéro spécial d’une revue interdisciplinaire à comité de lecture.

 

 

 

 

 

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